L’École de parachutisme de Victoriaville, la plus vieille au Québec, soulignera à sa façon les 100 ans de l’aviation au Canada en établissant un record mondial et de nouvelles marques canadiennes pour des sauts en haute altitude à 25 000 pieds.
Les dirigeants de l’École souhaitent, si le beau temps le permet, réaliser leurs exploits par une soirée de pleine lune et d’éclipse le 7 juillet. «Mais nous nous laissons une période entre le 7 et le 10 juillet. Nous nous exécuterons dès le premier jour de beau temps», a indiqué Luc Carignan, copropriétaire de l’École de parachutisme de Victoriaville avec Jacques Fleury.
Luc Carignan, passionné de parachutisme depuis 35 ans, a décidé de se gâter cette année en sautant en tandem avec ses enfants, Joanie, 18 ans, et Pierre-Luc, âgé de 16 ans.
L’actuelle marque de saut en tandem se situe à moins de 20 000 pieds. Luc et ses enfants s’élanceront de l’avion à 25 000 pieds d’altitude. «Cela équivaut à environ deux minutes de chute libre et nous ouvrirons le parachute à environ 4 000 pieds du sol pour une descente sous la voilure d’une durée de quatre à cinq minutes», a confié le papa.
L’École de parachutisme de Victoriaville devrait inscrire un record du monde en combinaison ailée, appelée le «wing suit». Un parachutiste expérimenté, Laval Perron, qui a plus de 10 000 sauts à son actif, établira la marque mondiale inexistante à ce jour en sautant à 25 000 pieds.
En saut individuel, Pierre Forand et le caméraman Louis Croteau s’attaqueront au record canadien de saut de nuit établi actuellement à 18 200 pieds.
Chez les femmes, Annie Desgagné pourrait inscrire deux fois son nom dans le livre des records de l’Association canadienne de parachutisme sportif. Elle établira une marque pour un saut de nuit et devrait fracasser le record du saut de jour de 20 000 pieds.
Les parachutistes Luc Carignan, Laval Perron, Christian Arel, Pierre Forand et Martin Trahan font équipe, de leur côté, pour atteindre de nouveaux sommets pour les sauts de groupe, les marques étant établies à 22 700 pieds de jour et à 15 000 pieds la nuit.
«Nous en sommes à pratiquer pour être confortables avec les équipements», a souligné Luc Carignan.
Qui dit saut en haute altitude, en particulier la nuit, dit équipements particuliers. «La nuit, l’oxygène se raréfie beaucoup. On a besoin de bouteille d’oxygène. De plus, les vents sont plus instables la nuit, ce qui amène à des calculs précis quant à la sortie de l’avion et au moment de l’ouverture du parachute. Mais, ici à Victoriaville, nous disposons de la plus grande zone d’atterrissage au Québec, bordée de plusieurs champs où nous pouvons atterrir si nous débordons», a expliqué Luc Carignan.
Des sauts de nuit, les parachutistes de Victo en font régulièrement. «À chaque pleine lune de chaque mois», a-t-il précisé.
S’attaquer à autant de records suscite un certain niveau de stress, même chez un parachutiste d’expérience, avoue Luc Carignan. «On est confrontés à certains éléments, comme le froid que nous devons braver, la température se situant à -20 degrés à une altitude de 25 000 pieds. Il y a aussi la noirceur, le manque d’oxygène et les marques à établir. Voilà un stress supplémentaire. Mais ce sont tous des sauteurs expérimentés, d’ex-champions en compétition, des gens habiletés à ce genre de choses», a fait remarquer Luc Carignan.
Pour réaliser tous ces exploits, on prévoit quatre envolées, deux de jour et deux de nuit, avec huit ou neuf parachutistes à la fois.
Des juges canadiens, provenant d’Ottawa, seront présents pour l’enregistrement des records. La tour de contrôle de l’aéroport Montréal-Trudeau certifiera la hauteur de l’avion et la sortie des parachutistes.
Un tel événement a exigé une grande préparation, l’organisation, sous l’œil de Transports Canada, devant s’assurer de s’exécuter en toute conformité avec les règles établies. «Les équipements sont vérifiés, l’équipage a été formé. On agit dans les règles de l’art, rien n’est fait à la légère. On s’assure que tout soit agréable et sécuritaire», a conclu Luc Carignan.
La population pourra assister aux exploits sur le site même de l’aéroport ou encore suivre les performances des parachutistes sur le site Internet de l’École de parachutisme de Victoriaville au
www.paravic.com.