Marie-Josée Boyte, responsable du virage vert du souper aux homards des Optimistes de Victoriaville. Sa petite Constance l’accompagne presque partout.
Virage vert pour des homards… toujours bien rouges
Que les quelque 800 convives du 21e souper aux homards du Club Optimistes de Victoriaville se le tiennent pour dit! L’activité du samedi 9 mai au Colisée Desjardins prend un virage vert, prévient Marie-Josée Boyte, membre du comité organisateur du souper-bénéfice. Qu’on se rassure cependant, les homards, eux, seront servis bien cuits, toujours aussi rouges donc.
Ce virage vert, la jeune Victoriavilloise de 34 ans, infographiste de métier, tenait à le faire prendre à l’annuel souper. «Mais ça ne se fait pas en criant «ciseau»!», admet-elle.
Il a fallu repenser toute la logistique du souper et surtout la façon dont on servira et desservira les tables, modifier un peu l’aménagement de la salle pour faire place à des chariots à deux voies, revoir chacune des pièces des couverts et même les contenants de certains condiments indispensables au souper de façon à réduire le volume des déchets.
Le virage vert coûtera plus cher, 1 500 $ de plus estime-t-elle, nécessitera des changements de comportements de la part des bénévoles pour qui la charge de travail ce soir-là est déjà énorme. Tous ces efforts, Marie-Josée Boyte estime qu’il faut les faire… et pas parce que le vert est plus «tendance»!
Ayant participé à l’organisation des deux soupers Optimistes précédents, elle considérait «scandaleux» de faire prendre le chemin de l’enfouissement à 650 bouteilles de vin, 1 500 verres de bière, 3 000 assiettes, 2 500 livres de carcasses de homards, etc.. «On remplissait aux deux tiers un conteneur à ordures de 16 verges!»
Elle se décrit comme une jeune femme aussi convaincue qu’entêtée. C’est elle qui, à la maison, «harcèle» tout son monde – elle est maman de cinq enfants - à trier les matières résiduelles. Elle sait que la conscience environnementale est bien ancrée dans les foyers victoriavillois. «Mais je constate qu’on devient presque idiots et stupides quand on se retrouve parmi une foule. Comme si, tous les efforts individuels que l’on fait chez soi sont relégués aux oubliettes quand on se retrouve en société. J’ai déjà organisé un souper aux hot-dogs lors d’un festival au centre-ville. Et malgré la présence sur le site de trois bacs différents, tout allait à la poubelle!»
Le soir du 9 mai, les habitués du souper aux homards devraient remarquer certains changements. On aura troqué l’assiette de styromousse contre une assiette de bagass (résidu de canne à sucre) qui aura été déposée au préalable sur la table. En principe, la même assiette peut être utilisée pour deux ou trois services. À la fin, elle prendra le chemin des matières organiques. Il aurait coûté trop cher d’acheter de la vaisselle en verre, à la fois plus fragile et plus encombrante, souligne Mme Boyte.
Par contre, l’eau sera servie dans des verres réutilisables, la bière dans des contenants récupérables. Les ustensiles de plastique auront fait place aux ustensiles de métal, évidemment réutilisables. Les convives n’auront plus à manipuler des sachets ou des contenants non récupérables pour la vinaigrette, le sucre, le beurre, le lait. Quant aux carcasses de homards, elles prendront le chemin des plateformes de compostage, emballées dans des sacs compostables qu’a fournis l’entreprise SaniMarc.
Le volume des ordures devrait considérablement diminuer. «Le huitième des matières seulement devrait se retrouver à la poubelle, comme les bavettes, les sachets de biscuits soda ou encore les sachets de serviettes humides.»
Pour parvenir à ses fins, la responsable du virage vert a fait appel aux conseils de la société Gesterra et de Gaudreau Environnement. Cette dernière a d’ailleurs commandité les nouveaux bacs pour les matières récupérables et compostables.
Les convives seront avisés des changements par des affichettes sur les tables et invités à livrer leurs commentaires sur l’ensemble de la soirée, la qualité du repas, etc.
«Je sais que le gros défi sera le tri des matières. J’espère seulement que les changements n’auront pas d’incidences sur la qualité du service», dit encore Marie-Josée Boyte.
Elle dit encore que le service, sans être accéléré, devrait être plus fluide, les homards ayant été déposés dans un grand bol avant d’être servis, un à un, sur les assiettes déjà installées sur les tables. «Parce qu’il faut toujours 12 minutes pour cuire 300 homards!», précise-t-elle.
En trame de fond, les Optimistes espèrent toujours que le souper conserve son caractère à la fois chic, festif et sympathique. Les bénéfices de l’activité annuel servent à financer les activités de la jeunesse victoriavilloise. L’organisation requiert l’engagement de bénévoles, une bonne cinquantaine pour la seule soirée du 9 mai.
On peut encore offrir sa participation en communiquant avec le Club ; on trouvera ses coordonnées à optivicto.com le site Internet de l’organisme.